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Le vibe coding n’était qu’un début

Chapitre 00 · Métier · Publié · 7 min de lecture
Écrit par
Alexandre Cormeraie

Auteur

Cormeraie.

Alexandre Cormeraie
Si vous parlez de vibe coding avec des product owners, c’est que vous n’êtes pas structurés, et vous êtes à risque. Le vibe coding n’est pas une technologie : c’est une méthode de travail, et ce n’est pas la bonne. Voilà à quoi ressemble, à mon avis, l’écosystème d’après : deux profils, une boucle, trois agents.

Le vibe coding, c’est pas fait pour l’entreprise

Premier malentendu à lever : le vibe coding, ce n’est pas une technologie. C’est une méthode de travail — et ce n’est pas la bonne. Les modèles qui tournent derrière, eux, sont puissants, et ils s’améliorent de jour en jour, de semaine en semaine, au rythme des sorties. Ce n’est pas ça que je conteste.

Le vibe coding, c’était la première étape : celle qui a servi à montrer à tout le monde que ça fonctionnait. Elle a fait son travail. Maintenant il va falloir passer à la version structurée, avec les bonnes personnes aux mains.

Ce qui vient après, je l’appelle la vibe création. Des profils non techniques, sans aucune connaissance de code, vont pouvoir créer directement du software — sans voir une seule ligne de code. Ils vont s’intéresser au design. Est-ce que ça fonctionne bien ? Est-ce que c’est assez rapide ? Mais du code, ils n’en verront jamais. C’est pour ça que garder le mot « code » dans le terme est une mauvaise utilisation : il n’y a plus de code dans ce que ces gens-là font.

Et c’est précisément là qu’est le risque aujourd’hui : on met des profils qui ne sont pas des vibe codeurs sur des outils de vibe codeur. Ces outils sont faits pour des gens qui ont une connaissance du code et qui vont plus vite grâce à eux. Ce sont des outils faits pour des gens qui savent les utiliser — qui savent prompter, qui savent faire tout ça. Des profils non sachants sur ces sujets-là vont mettre beaucoup plus de temps, pas moins.

Le mot « code » est déjà de trop.

Et ce n’est pas seulement une question de temps perdu. Il n’y a pas assez de tracking, pas assez de structuration, pas assez de suivi. Les applicatifs se cumulent, ils consomment du budget par les tokens, et personne ne tient le fil. C’est ça, être à risque.

Ce qui veut dire, au passage, qu’il va falloir que le CFO change les budgets. De base, il y a le budget de licence et le budget de coût de développement, et il y a maintenant le budget d’hosting. Quand vous consommez de l’AWS ou de l’Azure, ce sont des coûts qui tombent sur du budget SI de run — et c’est là-dessus que l’IA va passer. Il faut donc trouver, dans les projets, ceux qui vont vous permettre de commencer à déplacer les lignes : rabaisser le budget de dev pour faire plus de budget SI, et pouvoir prendre de l’IA.

Ça mérite son propre chapitre. J’y reviendrai.

Le vibe coding n’était qu’un début. Vous choisirez peut-être la vibe création.

L’écosystème de demain : un tech lead et un PO

Les bonnes personnes aux mains, ce sont les vibe créateurs. Parce que tout ça, c’est de la création : on va pouvoir créer, créer, créer des choses super. Et pour être créateur, il n’y a pas besoin d’être designer — ni d’être que designer, ni d’être que tech. Il faut être multi-sujets. C’est ce que j’appelle être digital natif.

L’écosystème de demain tient donc sur deux profils. Un tech lead et un PO.

Le PO est ce profil digital natif. Il a la capacité de faire du design, de comprendre le socle technique, et de faire évoluer son produit par rapport à l’UX demandé, en respectant la marque. Ce n’est pas un développeur qui s’ignore : c’est quelqu’un dont le métier est le produit, et qui a maintenant les moyens de le fabriquer lui-même.

Le tech lead, lui, n’est pas un développeur non plus. C’est un profil qui a une connaissance du socle, une connaissance des bonnes choses à faire, et qui est là pour sécuriser l’entièreté et poser le cadrage. Il est en gestion sur plusieurs projets à la fois — c’est même le principe : sa mission se répète d’un projet à l’autre.

Le design et le développement vont pouvoir être mis à la main d’IA. Ça, c’est le point important, et c’est ce qui rend les deux autres possibles. Encore faut-il un socle technique, avec les bons outils, les bonnes organisations et les bonnes règles.

La méthode digital natif

La méthode tient en deux boucles.

La première est la boucle initiale : le tech lead structure le projet et crée les agents. C’est le seul moment où quelqu’un travaille sur la base elle-même.

Ensuite tourne la seconde. Le PO arrive sur une plateforme. Il ne verra même pas une ligne de code se faire — il arrive sur un code qui a déjà été fait, on ne part jamais de zéro. Il met à jour, il change son design, il modifie tout ce qui lui plaît, dans les règles qui ont été mises en place par le tech lead. C’est l’agent qui connaît ces règles pour lui. Quand il dit « c’est bon pour moi », ça tombe chez le tech lead, qui refait des validations, des sécurisations, et met en production.

Et cette boucle-là tourne, tourne, tourne, autant qu’on veut.

boucle initiale
tech lead structure + agents
la boucle qui tourne
le PO met à jour
« c’est bon pour moi »
tech lead valide

prod

gros changements : on repart d’ici
[Artifact 03.01: Les deux boucles]

S’il y a de gros changements drastiques, on repart à la boucle initiale : le tech lead devra peut-être faire de grosses mises à jour de ses agents et de la structuration du projet, pour accueillir ces changements-là. Mais tant qu’on reste dans le cadre, personne n’a besoin de revenir en arrière.

Uniquement deux profils peuvent faire ça.

Ce designer-développeur n’existe guère

Et pour répondre à ces besoins, il faut amener une solution. Pour le tech lead, il faut les meilleurs outils de code génératif, ceux qui lui permettent de structurer et de faire sa mission sur de nombreux projets en même temps.

Pour le product owner, il faut l’accompagner avec des outils beaucoup moins tech. Quels sont les meilleurs réflexes d’un PO ? Faire des commentaires sur Figma, et faire des petites modifications. Donc il faut lui permettre de commenter directement sur un front, de faire des modifications de design, et que ça parte — exactement comme s’il était sur un Figma en train de faire des retours à son designer développeur.

Sauf que ce designer développeur n’existe guère. Derrière, c’est une IA, structurée par le tech lead.

annotation du PO
agent designer — la marque
agent tech — les features
agent fix — les normes

cadrés par le tech lead

[Artifact 03.02: Ce qu’il y a derrière l’annotation]
Un agent designer, structuré sur la marque. Un agent tech, structuré sur la création de nouvelles features en respectant le stack technique. Un agent de fix — design, bug — qui fait en sorte que le code respecte bien les normes de l’entreprise. Trois agents, qu’on peut sous-diviser selon des détails spécifiques, mais c’est ce stack-là qui est fonctionnel.

Au final, c’est assez simple. On s’attendait à plus gros.

Aucun outil ne répond à ça

Le plus compliqué, c’est qu’aujourd’hui aucun outil ne répond à ces sujets-là. Il n’existe pas de plateforme où un tech lead cadre une fois et où un PO travaille ensuite sans jamais croiser une ligne de code. Il faut donc que cet outil existe.

C’est ce que j’essaie de faire avec agentation.fr. C’est une one guy company, mais c’est la vision derrière.

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